Lassé d’humiliations et de travaux forcés,
Ereinté d’asservissement, d’espoirs brisés
Par un gouvernement qui n’en a que le nom,
Affublé de soudards maîtres en corruption…
Peuple de Birmanie, l’heure est venue d’abattre
Impitoyablement les balles par l’albâtre
Lumineux de vos forces d’âme, dignement.
La marche est avancée, le combat non-violent
Oppose compassion contre oppression, prières
Nourries de ténacité contre armes de guerre.
Devant tant de courage à la nargue des peurs
Edifiées savamment, douleur après douleur,
Fiers outils du despote et de ses mercenaires,
Est-il possible, encor’, de choisir de se taire ?
…Revivras-tu enfin, cher Papillon de Fer ?
Cécile Derouet, acrostiche en alexandrins, 14/10/2007,
Tous Droits Réservés.
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Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix assignée à résidence depuis bientôt 13 ans par la junte militaire au pouvoir, est le leader de la LND, Ligue Nationale pour la Démocratie en Birmanie.
En 1990, les militaires consentent à organiser des élections libres, persuadés d’en sortir victorieux et d’officialiser ainsi leur prise de pouvoir illicite de l’année précédente. Malheureusement
pour eux, c’est le parti de celle que l’on surnomme le Papillon de Fer qui inonde les urnes de plus de 80% des voix. Dès lors, la répression s’installe, l’opposition est muselée, et l’armée,
dotée d’un budget représentant 50% du PNB, se livre à toutes les exactions (pillage, exécutions sommaires, généralisation du travail forcé…).
Deux raisons principales empêchent la dictature d’assassiner purement et simplement Aung San Suu Kyi : tout d’abord, elle est reconnue mondialement en tant que prix Nobel de la Paix, mais surtout
elle est la fille du héros national Aung San, père de l’indépendance de la Birmanie arrachée à la colonie des Indes Britanniques. Elle bénéficie donc d’une renommée extérieure et intérieure au
pays, mais cette protection reste fragile (elle a notamment échappé à la mort lors d’un attentat manqué en mai 2003).
Les manifestations de bonzes du début du mois
d'octobre 2007 ont pour point de départ les évènements du 5 septembre dernier, où des moines bouddhistes ont été frappés par des miliciens de la junte birmane, dans la ville de Pakkoku. Les
moines se sont mobilisés à travers tout le pays, et notamment à Rangoon, manifestant pacifiquement pour obtenir des excuses de la part du pouvoir en place. Petit à petit, de nombreux civils (dont
une grande partie d’étudiants) se sont joints à eux, jusqu’à être plus de 100 000 dans les rues le 24 septembre. Leur combat non violent pour le respect se rallie aux manifestations
sporadiquement organisées depuis le 19 août dernier, pour protester contre l’augmentation massive de tout produit de première nécessité. Dans un pays où l’opposition n’a pas droit de cité, où
liberté et presse sont deux entités absolument inconciliables, le courage de ces hommes et de ces femmes est à la mesure du risque qu’ils encourent.
Suite à ces manifestations, 7000 personnes dont 2000 moines auraient été faits prisonniers en quelques quinze jours, selon les ONG. Des cas de tortures, d’exécutions sommaires sont signalés. Des
enfants sont tués à coups de bâtons dans les écoles bouddhistes…
Il est très difficile d’obtenir des informations du pays, le gouvernement s’étant arrangé pour bloquer l’accès internet sur tout le territoire et contrôler les liaisons téléphoniques.
Les sanctions économiques prises par la communauté internationale contre le régime militaire birman n’ont eu que peu d’effet, certains pays asiatiques faisant barrage à ce blocus, ayant intérêt à
préserver leurs relations avec la Birmanie et ses affriolantes ressources naturelles. Pire : elles n’ont touché qu’une industrie textile naissante, jetant au chômage plus de 100 000 personnes du
jour au lendemain (essentiellement des jeunes femmes, qui sont allées grossir les rangs des prostituées de la capitale). Ces mesures, au lieu d’accélérer le processus démocratique, n’ont fait que
contribuer à l’appauvrissement d’une population déjà accablée de privations.
Le conseil de Sécurité proposait une première version du projet amendé de déclaration, suggérant de « condamner » la répression des manifestations de septembre en Birmanie. Ce projet
émanait essentiellement de 3 membres permanents : la France, la Grande-Bretagne et les USA. Mais la Chine, également membre permanent et principale alliée de Rangoon, s’est opposé à des sanctions
contre le régime militaire birman et a obtenu du Conseil qu’il assouplisse cette déclaration. Cependant, le texte appelle les autorités birmanes « à cesser toutes mesures répressives, y compris
la détention de manifestants » et l’assignation à résidence de l’opposante Aung San Suu Kyi... Bien évidemment, sans moyens déployés pour appuyer ces dires, et sans volonté commune forte,
L'ONU n'est qu'un pantin agité par l'Occident pour ménager sa bonne conscience...
Aujourd'hui encore, le Papillon de Fer est emmuré dans son propre foyer, et des milliers de personnes sont emprisonnées pour le seul crime de s'être pacifiquement exprimées...
J’aurais encore beaucoup de choses à dire, mais je m’arrête là…
Un combat non-violent ne peut aboutir que s’il est soutenu par le plus grand nombre.
Des pétitions à cet effet circulent sur le net. Vous pouvez y accéder en allant sur divers sites :
- site de la FIDH (Fédération internationale des ligues pour les Droits de l’Homme) : http://www.fidh.org/petition/birmanie/index.html
- site Info Birmanie : http://www.info-birmanie.org/
- site Amnesty International : http://www.amnesty.fr
Je terminerai par une phrase d’Aung San Suu Kyi qui prend tout son sens en ce moment :
« Usez de votre liberté pour promouvoir la nôtre ».
Bonnes signatures électroniques à tous !
Cécile.
Sources :
- France Diplomatie, site du Ministère des Affaires Etrangères :
http://www.diplomatie.gouv.fr
- Wikipedia, encyclopédie libre :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Myanmar
- Site "De Source Sûre":
http://desourcesure.com/guerreterrorisme/2007/09/birmanie_la_revolte_des_moines.php